Ton taux d'épargne en 5 min : salaire, primes, impôts

Je te montre ma méthode simple pour calculer ton taux d'épargne, même avec des primes et des impôts qui bougent. En 5 minutes, tu sais où tu en es vraiment.

Finances pour débutants8 min de lecture
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Ton taux d'épargne en 5 min : salaire, primes, impôts

Tu veux savoir si tu « épargnes bien »... mais entre les primes qui tombent une fois par an, les impôts qui varient, la taxe foncière, les remboursements chelous et les mois où tout part en vrille, tu ne sais plus quoi compter. Je te comprends. La première fois que j'ai essayé de calculer mon taux d'épargne, j'ai fini avec trois chiffres différents selon la méthode... et zéro décision derrière. Bref, inutile.

Du coup, je te propose une méthode simple, rapide, et surtout cohérente. Le but n'est pas de faire de la compta, c'est d'avoir un indicateur fiable pour piloter ton budget et ton patrimoine. En 5 minutes, tu peux le calculer. Et si tu le fais tous les mois, tu vas vite voir des tendances.

Déjà : c'est quoi un "bon" taux d'épargne ?

Question classique. Et ma réponse va être frustrante : ça dépend de ta vie. Si tu vis à Paris avec deux enfants en bas âge, tu joues pas dans la même cour que quelqu'un en colocation à 24 ans. Donc je préfère te donner une lecture utile :

Ton taux d'épargne, c'est ton "reste de carburant" chaque mois. Plus il est élevé, plus tu peux investir, absorber un pépin, accélérer un projet (apport immo, liberté financière, etc.).

Perso, quand je suis sous les 10%, je sais que je suis en mode "survie" (ou en mode "je me fais plaisir et j'assume"). Entre 10% et 25%, je trouve ça sain. Au-delà de 25%, tu commences à vraiment construire quelque chose. Et à 40%+, soit tu gagnes très bien ta vie, soit tu es un moine... soit tu as un gros objectif et tu es à fond.

La méthode simple (et qui marche même avec primes et impôts)

Le truc, c'est qu'il y a deux façons de calculer ton taux d'épargne :

1) Version "mois par mois" : parfaite pour suivre ta discipline et tes habitudes.
2) Version "sur 12 mois" : parfaite pour intégrer les primes, les impôts, la taxe foncière, les dépenses annuelles, et avoir un vrai chiffre "réalité".

Je te montre les deux, mais si tu veux un chiffre qui ne te raconte pas d'histoires, prends la version 12 mois.

Étape 1 : définis ta formule (simple)

Ma formule préférée :

Taux d'épargne = Épargne du mois / Revenus du mois

Ça a l'air évident, mais tout le débat est dans les mots "épargne" et "revenus". Donc on clarifie.

Étape 2 : qu'est-ce que je compte en "revenus" ?

Je prends tout ce qui rentre réellement sur tes comptes pendant la période. Pas ce qui est "sur le papier". Concrètement :

  • Salaire net après prélèvement à la source (ce qui arrive sur ton compte)
  • Primes (13e mois, bonus, participation/intéressement si versés)
  • Allocations (si tu veux une vision "vie réelle", moi je les compte)
  • Revenus locatifs nets encaissés (si tu en as)
  • Dividendes/ intérêts encaissés (optionnel si c'est petit, mais tu peux)

Et je ne me prends pas la tête avec "brut vs net" : je pars du net encaissé. Pourquoi ? Parce que ton taux d'épargne sert à mesurer ce que tu peux mettre de côté avec ce que tu touches vraiment.

Tu vas me dire : "Oui mais du coup les impôts sont déjà déduits." Exactement. Et c'est très bien comme ça pour une méthode rapide. On parle de ta capacité d'épargne réelle, pas d'une performance théorique.

Étape 3 : qu'est-ce que je compte en "épargne" ?

Là, je suis assez strict. Pour moi, l'épargne, c'est tout ce qui augmente ton patrimoine financier (ou rembourse du capital), pas ce qui dort juste parce que tu as oublié de dépenser.

Je compte :

  • Versements sur livret A / LDDS / fonds euros / PEA / CTO / PER
  • Achat d'ETF/actions (peu importe le support)
  • Remboursement de capital de ton crédit immobilier (la partie "capital", pas les intérêts)
  • Apport d'épargne sur un compte dédié à un projet (apport immo, voyage, etc.)

Je ne compte pas :

Les plus-values latentes (ton ETF a monté, cool, mais tu n'as rien "épargné" ce mois-ci).
Le fait que ton compte courant soit plus haut juste parce que tu n'as pas encore payé une facture qui arrive. Ça, c'est du trompe-l'œil.

Après avoir testé pas mal de façons de faire, je reviens toujours à ça : je regarde les virements sortants vers l'épargne + le capital remboursé du crédit. C'est rapide, et ça colle à la réalité.

Le point qui fout le bazar : primes et dépenses annuelles

Tu touches une prime en juin et un 13e mois en décembre ? Alors ton taux d'épargne "mois par mois" va faire le yoyo. Un mois tu vas afficher 45%, le mois suivant 8%. Et tu vas te raconter une histoire alors que ta trajectoire est bonne.

Ma solution : je calcule un taux d'épargne glissant sur 12 mois. Franchement, c'est le meilleur compromis entre simplicité et vérité.

La version "12 mois" (celle que je te conseille)

Tu prends :

Total épargné sur les 12 derniers mois / Total des revenus encaissés sur les 12 derniers mois

Et là, magie : primes, impôts, taxe foncière, assurance auto annuelle, vacances d'été... tout est dedans. Tu obtiens un chiffre stable, exploitable, comparable d'une année à l'autre.

Si tu as la flemme de remonter 12 mois, fais déjà 3 mois. Puis tu passeras à 6. Et un jour tu auras 12. Mais garde l'idée : plus la période est longue, plus ton chiffre est honnête.

Et les impôts, je les mets où ?

Question piège. Et je vais être très clair : je ne les "mets" nulle part si je pars du net encaissé. Ils sont déjà pris en compte dans ce que tu touches.

Le seul moment où ça se complique, c'est si tu veux travailler en "net avant impôt" ou en "brut". Perso, je trouve que ça complique pour pas grand-chose. Ton banquier, ton PEA, ton assurance vie... ils s'en fichent de ton brut. Ce qui compte, c'est ce que tu peux vraiment mettre de côté.

Cas particulier : l'impôt sur le revenu avec régularisation (ou gros changement de taux). Là, tu peux avoir une année où tu payes plus d'un coup. Justement : le calcul sur 12 mois absorbe ce genre d'à-coups.

Exemple concret (rapide) pour que tu voies le truc

Imagine :

Sur 12 mois, tu as encaissé 30 000€ de salaire net (après prélèvement à la source) + 2 000€ de primes = 32 000€ de revenus.

Sur la même période, tu as :

- versé 4 800€ sur PEA/assurance vie/livrets
- remboursé 3 600€ de capital sur ton crédit immo

Donc épargne totale = 8 400€.

Taux d'épargne = 8 400 / 32 000 = 26,25%.

Et là tu sais où tu en es. Sans te demander si décembre est un "bon mois" juste parce que ton bonus est tombé.

Les 3 erreurs que je vois tout le temps (et que j'ai faites)

  1. Compter les investissements qui montent comme de l'épargne : non. C'est de la performance, pas de l'épargne.
  2. Oublier le capital remboursé du crédit : si tu es propriétaire, tu épargnes aussi via ton crédit (pas la banque, toi).
  3. Se juger sur un mois isolé : un mois ne veut rien dire. Une tendance, oui.

Mon avis : vise la régularité, pas le score parfait

Je vais être honnête : courir après un taux d'épargne "instagrammable", ça peut te rendre radin et frustré. Personnellement, je préfère un taux un peu moins haut mais tenable, avec une vie sympa, plutôt qu'un 45% qui me donne l'impression de me priver tout le temps.

Le vrai game changer, c'est quand tu passes de "j'épargne ce qui reste" à "j'épargne en premier". Même 100€ automatiques par mois, c'est une victoire. Et après, tu ajustes.

Ton plan en 5 minutes (chronomètre en main)

Si tu veux faire ça maintenant :

1) Ouvre ton appli bancaire, note tes revenus encaissés du mois (salaire + primes si présentes).
2) Note tout ce que tu as envoyé vers épargne/investissement (virements + achats PEA/ETF, etc.).
3) Si tu as un crédit immo, récupère la part de capital remboursé (sur ton tableau d'amortissement ou ton relevé).
4) Calcule : épargne / revenus.
5) Bonus : fais la même chose sur les 12 derniers mois quand tu auras 20 minutes, et garde ce chiffre comme référence.

Si tu veux, donne-moi ton cas (salaire net, primes, crédit ou pas, impôts mensuels ou régularisation) et je te dirai exactement quoi mettre dans "revenus" et "épargne" pour que ton calcul soit propre. Moi j'adore ce genre de petit diagnostic, et ça évite de partir dans tous les sens.

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