Livret A, LDDS, LEP pleins : où mettre le surplus ?

Quand tes livrets sont au plafond, laisser le reste sur le compte courant te coûte cher. Je te montre des options simples pour placer le surplus sans te compliquer la vie.

Livrets d'épargne9 min de lecture
Partager

Livret A, LDDS, LEP pleins : pourquoi laisser le surplus sur le compte courant fait mal

Tu connais le moment où tu te dis : "Bon, j'ai fait le job, Livret A au plafond, LDDS rempli, LEP blindé... je suis tranquille." Et puis tu regardes ton compte courant et tu vois 6 000, 10 000, parfois 20 000 € qui dorment là. Sans intérêt. Pire : ils fondent en silence.

Franchement, le compte courant, c'est un parking. Pratique pour manœuvrer, pas fait pour y laisser la voiture toute l'année. Avec l'inflation, chaque mois où tu laisses trop de cash dessus, tu perds du pouvoir d'achat. Et le truc vicieux, c'est que tu ne le "vois" pas. Aucun prélèvement, aucune alerte. Juste une érosion lente.

La bonne nouvelle ? Quand tes livrets réglementés sont pleins, tu as encore plein d'options simples. La mauvaise ? Si tu choisis n'importe quoi, tu peux te retrouver bloqué, fiscalisé comme il faut, ou avec un placement pas adapté à ton objectif. Du coup, on va raisonner comme j'aime le faire : à quoi sert cet argent, et quand tu en auras besoin.

Avant de placer le surplus : je fais toujours ce mini-check en 2 minutes

Question simple : ce "surplus", tu le gardes pour quoi ? Parce que selon la réponse, je ne te conseillerais pas du tout la même chose.

Moi, je découpe en trois blocs :

  • Cash court terme (0 à 12 mois) : vacances, impôts, travaux, achat prévu.
  • Projets moyen terme (2 à 5 ans) : apport immobilier, changement de voiture, pause pro.
  • Long terme (8 à 20 ans et plus) : retraite, indépendance financière, capital pour les enfants.

Et je te glisse un truc que j'ai appris "à mes dépens" : ne cherche pas à optimiser chaque euro. Si tu as déjà un bon matelas sur Livret A/LDDS/LEP, le surplus doit surtout être placé au bon endroit, pas forcément au taux le plus sexy du moment.

Option 1 : les comptes à terme (CAT) - simple, lisible, pas glamour

Tu veux un truc basique, sans montagne russe, avec un taux connu à l'avance ? Le compte à terme fait le job. Tu bloques une somme pendant une durée donnée (6 mois, 1 an, 2 ans...), et tu récupères capital + intérêts.

La première fois que j'en ai ouvert un, je m'attendais à un truc compliqué... en fait non. Le seul vrai point de vigilance, c'est la disponibilité : selon les banques, sortir avant la fin peut coûter une pénalité, ou te faire perdre une partie des intérêts.

Mon avis : pour un projet à 12-24 mois, c'est souvent plus cohérent qu'un placement boursier. Tu sais où tu mets les pieds. Par contre, fiscalement, les intérêts sont imposés (souvent au PFU/flat tax), donc ne t'attends pas à une magie comparable au LEP.

Option 2 : les fonds euros en assurance-vie - mon "sas de sécurité" préféré

Si tu me demandes ce que j'utilise le plus souvent quand les livrets sont pleins, je te réponds sans tourner autour : l'assurance-vie en fonds euros. Pas pour faire x2, mais pour placer proprement du cash avec une volatilité faible.

Pourquoi j'aime bien ? Parce que tu peux généralement retirer quand tu veux (avec un délai de traitement), et tu as une espèce d'entre-deux : plus "investi" qu'un livret, plus stable que la bourse.

Bon, soyons clairs : les fonds euros ne sont pas tous égaux. Entre les frais, les conditions (parfois on t'oblige à mettre une part en unités de compte), et les rendements qui varient, tu dois choisir ton contrat avec un minimum de sérieux. Après avoir testé deux contrats très bancaires (ceux "de la banque d'à côté"), j'ai vite compris que les frais grignotent tout. Je préfère les contrats plus compétitifs, avec un fonds euros correct et des frais réduits.

Le gros intérêt, c'est aussi l'horizon : si tu laisses tourner, la fiscalité de l'assurance-vie devient plus douce après quelques années. Et même si tu retires, tu ne paies pas d'impôt sur tout, seulement sur la part de gains comprise dans ton retrait.

Quand je mettrais du surplus sur fonds euros ?

Typiquement : un projet pas totalement fixé, ou une épargne "tampon ++" que je veux garder accessible sans la laisser moisir sur le compte courant.

Option 3 : PEA (ou CTO) avec des ETF - le vrai plan pour le long terme

Tu veux que ton surplus travaille vraiment ? Là, on parle bourse. Et je sais, ça peut faire peur au début. La première fois que j'ai acheté un ETF, j'avais l'impression de jouer à un truc réservé aux pros. En réalité, ce qui est compliqué, c'est surtout de gérer ses émotions, pas de cliquer sur "acheter".

Si ton horizon est long (8-10 ans minimum dans ma tête), j'aime beaucoup le duo : PEA + ETF monde. Simple. Diversifié. Et tu évites de te prendre la tête à choisir "la bonne action".

Mon approche perso : je verse régulièrement, je n'essaie pas de timer le marché, et je dors mieux. Quand ça baisse, je me rappelle pourquoi je suis là : sur le long terme, je veux capter la croissance globale, pas gagner un concours de trading.

PEA ou CTO ? Si tu peux utiliser le PEA, je le privilégie pour l'avantage fiscal sur les gains au bout de 5 ans (tu paies les prélèvements sociaux, mais l'impôt sur le revenu sur les gains est allégé selon le cadre). Le CTO reste utile si tu as déjà rempli le PEA ou si tu veux des supports non éligibles.

Attention quand même : si ton "surplus" sert potentiellement d'apport immobilier dans 2 ans, la bourse, c'est non. Tu risques de tomber sur une mauvaise période et de devoir vendre au mauvais moment. Bref, le long terme, c'est le long terme.

Option 4 : obligations / fonds monétaires - le compromis quand tu veux limiter les secousses

Tu veux quelque chose de plus "posé" que les actions, mais plus investi qu'un livret ? Tu peux regarder du côté des supports obligataires ou monétaires (souvent via assurance-vie ou compte-titres).

Je te le dis comme je le pense : c'est rarement la partie la plus fun d'un portefeuille, mais ça peut être utile. Un fonds monétaire, par exemple, sert parfois de "parking rémunéré" quand tu veux rester liquide tout en grattant un rendement. Les obligations, elles, peuvent apporter une certaine stabilité... mais elles ont aussi leurs risques (taux, crédit, durée). Donc pas de croyance du type "obligations = sans risque".

Mon usage perso : j'en mets quand j'ai une somme que je veux investir, mais que je veux garder relativement stable parce que je ne suis pas certain de l'horizon. Pas un truc que je surpondère pour "faire fortune".

Option 5 : immobilier, SCPI - bien, mais pas pour "placer un surplus" à la va-vite

À chaque fois qu'on parle d'argent qui dort, quelqu'un sort "SCPI !" ou "investissement locatif !". Oui, ça peut être pertinent. Non, ce n'est pas la réponse automatique dès que ton Livret A est plein.

Pourquoi ? Parce que l'immobilier, c'est du temps, des frais, et de l'illiquidité. Une SCPI, tu peux la revendre, mais pas du jour au lendemain. Et les frais d'entrée, ça pique. Pour du surplus que tu pourrais vouloir récupérer rapidement, ce n'est pas idéal.

Personnellement, j'aime l'idée d'avoir de l'immobilier dans un patrimoine, mais je le fais quand le projet est clair et que je suis prêt à immobiliser l'argent. Pas quand je cherche juste à "mettre quelque part" 5 000 ou 15 000 €.

Mon plan d'action simple quand tes livrets sont au plafond

Tu veux un truc concret, sans prise de tête ? Voilà la logique que j'applique (et que je conseillerais à un ami) :

  1. Je garde un minimum de cash sur le compte courant pour la vie de tous les jours (sinon tu passes ton temps à faire des virements).
  2. Le surplus court terme : compte à terme ou fonds euros (selon la flexibilité dont j'ai besoin).
  3. Le surplus long terme : PEA avec ETF diversifiés, et versements réguliers.

Et surtout, je ne mélange pas les objectifs. Le cash "sécurité" doit rester solide. Le cash "capitalisation long terme" doit accepter les hauts et les bas. Si tu brouilles les deux, tu finis souvent par vendre au pire moment... et tu détestes la bourse pour de mauvaises raisons.

Les erreurs que je vois tout le temps (et que j'ai déjà faites)

Tu veux éviter les pièges classiques ? Voilà ceux qui reviennent en boucle :

1) Laisser 10 000 € sur le compte courant "au cas où". Au cas où quoi ? Si tu as déjà Livret A/LDDS/LEP pleins, ton "au cas où" est déjà couvert. Le reste doit avoir un rôle.

2) Ouvrir un produit compliqué parce que le conseiller l'a proposé. Si tu ne comprends pas comment tu gagnes, comment tu perds, et comment tu ressors, passe ton tour. Simple règle de survie.

3) Investir en actions avec un horizon de 2 ans. Tu peux gagner... ou te faire couper l'herbe sous le pied au mauvais moment. Pour un apport, je préfère dormir tranquille.

Conclusion : ton surplus mérite mieux qu'un compte courant

Quand Livret A, LDDS et LEP sont pleins, tu n'es pas "bloqué". Tu passes juste à l'étape d'après. Et cette étape, c'est choisir un support qui colle à ton horizon : compte à terme ou fonds euros pour le moyen terme, PEA/ETF pour le long terme, et éventuellement un peu d'obligataire/monétaire pour lisser.

Moi, je vois ça comme un système : les livrets sont le socle, le fonds euros est mon sas, et le PEA est mon moteur. Du coup, mon compte courant redevient ce qu'il doit être : un simple outil de paiement, pas un coffre-fort inutile.

Partager

Explorer les catégories